TRANSFORMER RADICALEMENT SON ENTREPRISE

Chaque étape de l’existence d’une entreprise appelle une problématique de transformation. 

1. A la maturité, il faut penser aux idées, à l’accélération pour s’installer 

2. En phase de maturité, il s’agira de faire de la fusion et des acquisitions 

3. En phase de développement, la problématique c’est le recentrage sur le cœur de métier, optimisation des processus internes, externalisation des activités à faible valeur ajoutée.

Se transformer nécessite de se faire accompagner. Les projets de transformation sont longs et coûteux. En général, les entreprises qui s’engagent dans ce processus, font machine arrière. Les résultats alors sont bien souvent loin des objectifs initiaux.

Quels sont les partenaires juridiques qui offrent des solutions aux entreprises dans le cadre de cet accompagnement à la transformation notamment en matière d’accès au financement ?

Les entreprises ne sont souvent pas outillées pour conduire ces processus de transformation. L’avocat intervient aussi bien en matière de conseils, d’anticipation des risques, de rédaction des contrats, d’accompagnement des sociétés à leur formalisation. Malheureusement les entreprises considèrent l’avocat utile seulement pour les contentieux. On note donc une absence totale de politique d’anticipation sur ces aspects avec des conséquences désastreuses par la suite. Même si l’avocat est associé au contentieux, il peut intervenir dans l’évitement des risques par des politiques de médiation et aider à préserver les relations d’affaires, pour éviter des tribunaux. Le conseil juridique n’étant pas palpable, il est souvent négligé.

Par ailleurs, il faut noter que le financement bancaire est aujourd’hui dépassé. 

Si les banques ne travaillent pas à s’adapter aux problématiques et réalités du terrain, elles seront mises de côté au profit de nouveaux modes de financement tels que le capital investissement et la bourse. En effet, il existe de grands groupes d’investissement qui proposent des solutions aux sociétés dites middle circle, les PME ayant des besoins de financement important mais pas astronomiques. Elles prennent des participations minoritaires dans ces entreprises pour intégrer le conseil d’administration, participent aux grandes décisions, afin juste d’avoir l’œil sur l’utilisation finale et judicieuse des fonds mis à disposition. Pour de plus grand besoin il y a la BRVM qui a mis en place un programme qui accompagne les entreprises dans leur levée de fonds au niveau boursier. Cette épargne boursière a déjà aidé deux entreprises béninoises, AGETIP et l’Imprimerie TUNDE.

L’expérience de Technoserve en matière d’accompagnement opérationnel de jeunes entreprises :

Il y a chez la plupart des jeunes entrepreneurs un vrai manque de conscience du cadre juridique et des dispositifs de protection existants, et une réelle peur de se faire accompagner ou de nouer des partenariats, par méfiance ou par peur des arnaques. Un minimum d’encadrement juridique existe. La question se pose plutôt en termes de la mise en application de ce cadre. Jusqu’à quel point protège-t-il réellement ? Existe-t-il une véritable interaction entre les institutions et les entrepreneurs, ainsi qu’une campagne de communication adéquate ? Plus que le manque de confiance, ce manque de conscience est vraiment problématique. La startup canadienne KASWA, promotrice d’une application mobile pour mettre en relation acheteur et vendeurs, a été confrontée à cette problématique en s’installant au Bénin. La question de l’accès à l’information se pose donc pour les jeunes promoteurs.

Le Gouvernement béninois a bien compris que les entrepreneurs ont des problèmes de financement pour s’offrir les services des spécialistes de divers domaines pour accompagner leurs entreprises. Ayant opté maintenant pour l’entreprenariat de croissance, les réformes entreprises aujourd’hui au niveau du FNPEEJ visent principalement à faciliter l’accès au financement pour les PME en leur faisant une mise à niveau afin que les dirigeants aient une bonne culture entrepreneuriale. Ce qui fait tomber le niveau de risques à un niveau acceptable pour les banques. Ce programme qui n’est pas encore opérationnel, car en étude par le Conseil des Ministres, pourrait connaître des réaménagements sur recommandations du Conseil des Ministres. Il s’agit en gros de formations des jeunes promoteurs à travers un système d’incubation avec du mentorat. Ceci leur permettra de construire des business plan fi ables. Ils bénéficieront d’un accompagnement dans le process de développement de leur entreprisse en termes de fusion et acquisitions, ou d’appui aux entreprises en difficultés pour leur relance. Le FNPEEJ mettra en place un mécanisme d’accompagnement après le financement visant le renforcement de capacités et le suivi évaluation de leurs activités par la mise à disposition d’organes internes outillés pour leur donner des conseils. Les jeunes entrepreneurs devront donc se rapprocher du FNPEEJ pour bénéficier de cette subvention qui pourrait aider à réduire les coûts de l’accompagnement direct qui s’avère très élevé pour ce type d’entreprise. 

MTN Bénin, à travers son département business, met également en place des dispositifs d’accompagnement de ses clients sur la thématique de la révolution digitale et numérique au cœur de la transformation des entreprises qui est en plein essor.

La prise en compte de l’immatériel et du besoin en fonds de roulement échappe souvent aux entrepreneurs lors de l’élaboration du planning de croissance. Ce qui peut produire des difficultés car lorsque vous investissez il y a un temps pour faire du chiffre d’affaires, un temps pour rentabiliser pendant que vous faites face aux charges de fonctionnement. Nos entreprises africaines n’ont pas besoin d’audit. Elles ont plutôt un problème de gouvernance. Il est important que l’entreprise mette en place un process de prise de décision et développe une bonne gouvernance afin de satisfaire aux obligations légales et celle des bailleurs de fonds.

La notion de l’homme, de la culture dans la transformation est un débat à ouvrir pour les prochaines sessions du Benin Investment Forum.